Collectif Autisme
Collectif Autisme

Scolarisation : mode d’emploi

 

- Optimiser l’accès au savoir de l’élève autiste : quelques trucs à savoir

La différence de fonctionnement des enfants autistes nécessite la mise en œuvre d’adaptations éducatives et pédagogiques dont voici quelques exemples emblématiques.
 

> sensibiliser les différents acteurs de la scolarisation sur l’autisme

informer les enseignants et le personnel de l’école sur ce qu’est l’autisme en général et le profil de l’élève en particulier (comment il fonctionne, ses points forts, ses points faibles…). D’où la nécessité d’un partenariat régulier avec les  parents.
 

> structurer le temps et rendre les événements prévisibles pour prévenir l’anxiété de l’élève :

il est très efficace de recourir à des plannings écrits, si l’enfant sait lire, ou illustrés, s’il ne sait pas. Cela permet à l’élève d’anticiper à la fois l’enchainement de matières, des lieux (changement de salles), des personnes amenées à intervenir. Utiliser les rituels de la classe, l’ordre dans lequel se succèdent les activités ou bien les différentes étapes dans la réalisation d’une tâche, qui sont toujours les mêmes.


 

 

> structurer les apprentissages :

privilégier la progressivité en ajoutant une difficulté à la fois ; multiplier les étapes en décomposant et en fractionnant les tâches à réaliser.  
 

> étayer les mots sur des images :

les enfants avec autisme sont plutôt des « penseurs visuels », plus à l’aise avec les images qu’avec les mots, ces derniers ne représentant dans bien des cas pour eux qu’une « seconde langue ». Il convient donc d’utiliser le plus possible des supports visuels, beaucoup plus concrets et d’étayer le langage oral par l’image.

 

 

> utiliser un langage simple, concret, répétitif ; rendre claires, explicites et non ambiguës les consignes de travail.

 

> munir l’enfant d’une trousse de survie verbale :

« prend », « pose », « donne », « encore », « attends », « assis », « debout ». À ces indications, il faut évidemment ajouter « oui » et « non ».


> apprendre à l’élève que lorsque l’enseignant s’adresse à la classe, il s’adresse aussi à lui.

 

> détecter ses centres d’intérêts et motivations

: l’enfant autiste n’a, en général, pas « l’esprit de compétition » et ne cherche pas non plus à faire plaisir à l’autre. on essaie d’améliorer ses compétences en s’appuyant sur le repérage de ses intérêts ou de ses motivations qui serviront de point de départ aux activités proposées.
 

> guider «physiquement » si nécessaire l’élève à la réalisation d’une activité,

ne pas hésiter à l’aider par exemple en accompagnant son geste s’il ne réagit pas à la consigne verbale ou s’il ne peut refaire d’abord seul l’activité après une démonstration.
 

>Veiller à ce qu’il regarde ce qu’on lui propose,

car il présente souvent des difficultés de coordination oculo-manuelle (son regard n’accompagne pas toujours son geste) ; pour les aider, on peut leur dire « regarde » avant de leur montrer un objet ou de leur faire faire quelque chose.
 

> Aller du particulier au général :

une enfant autiste focalise son attention d’abord sur les détails. L’accès au sens ne se fait pas par les mêmes voies que pour les autres élèves.

> valoriser l’enfant en tant que personne et élève

> respecter sa différence  
 


- Les répercussions du syndrome autistique sur les apprentissages, ce qui peut « surprendre »

Ces enfants ne se développement comme les enfants ordinaires, l’enseignant devra s’adapter à des particularités comme :

•    Développer des stratégies pour motiver l’élève, capter son attention. Il est essentiel de ne pas le mettre en échec. Cela implique d’enseigner une tâche ou un concept en séquencialisant chaque étape.

•    L’élève avec autisme ne va pas spontanément s’intégrer dans le « groupe classe », profiter de l’effet entrainant des autres élèves, de tenir compte de ce que font les autres pour s’adapter à la situation en terme de comportement ou de réalisation des activités. Il lui faudra du temps pour cela.

•    L’élève avec autisme n’acquiert pas les compétences générales et scolaires dans le même ordre que les élèves ordinaires, son profil est très « disharmonieux » avec des points forts et des points faibles : il pourra par exemple accéder à la lecture alors que certaines compétences de maternelle (topologie par ex) ne seront pas acquises, décalage de plusieurs niveaux parfois entre la lecture et les mathématiques, en graphisme.

•    Les consignes : l’enseignant s’appuie sur le langage oral pour donner ses consignes et l’élève ordinaire exécute son travail après avoir écouté et intégré la consigne. L’élève avec autisme réalisera l’activité qui lui sera présentée de manière adaptée avec consignes visuelles si nécessaires, des activités similaires seront présentées jusqu’à complète généralisation, l’enfant avec autisme s’en fera « sa règle à lui », c’est en réalisant l’activité qu’il accédera à la compréhension de celle-ci.

•    Le langage : le langage oral se développe très tôt chez l’enfant ordinaire et c’est bien plus tard qu’il accèdera à la lecture. Un enfant avec autisme non verbal pourra apprendre à lire avec du matériel pédagogique adapté, s’il est très peu verbal, l’apprentissage de la lecture pourra contribuer à développer son langage oral.

•    L’écart entre le langage et la compréhension : un enfant avec autisme verbal ne comprend pas toujours ce qu’il entend, ce qu’il dit ou ce qu’il lit. L’utilisation des images a toute son importance pour donner du sens à ce qui est entendu, lu ou dit.


L’autisme expliqué aux enfants :

La situation d’un enfant autiste est comparable à celle d’un étranger qui se rendrait dans un pays dont il ne comprendrait ni la langue ni les usages et codes sociaux. L’entrée en communication avec lui suppose donc une meilleure connaissance de son univers.

Tu connais un enfant autiste et souhaiterais en savoir un peu plus.
Tu as rencontré un enfant qui a un comportement qui t'étonne, par exemple :
•    si tu lui dis bonjour, il ne te répond pas.
•    Si tu lui parles, il ne réagit pas et semble comme sourd…
•    il joue avec ses mains dans la lumière et parfois il rit tout seul,
•    il ne joue pas avec les autres et reste tout seul assis par terre, il ne vient jouer que si tu viens le chercher,
•    il veut que ses affaires soient toujours à la même place,
•    quand il parle, il répète les mêmes phrases,
•    il semble ne pas comprendre tes paroles, tes sourires, tes gestes d'amitié.

Avec d'autres enfants tu te demandes pourquoi il a de tels comportements ?
En fait, ce camarade ne refuse pas de te répondre mais il ne sait pas comment faire. Il souffre d'un handicap qui s'appelle l'autisme.

On commence enfin à mieux comprendre ce handicap qui touche le système nerveux central de l'enfant, et on pense de plus en plus que la personne autiste reçoit mal les messages venus du monde qui l'entoure. Son cerveau les enregistre mal et du coup il ne sait pas les comprendre et surtout pas quoi en faire.

Que peux tu faire avec ce camarade ?
> T'intéresser à lui et lui parler ; même s'il ne te répond pas, il ressent la chaleur de ton amitié.
> L'inviter à venir jouer avec toi en lui disant tout simplement "Tu viens jouer ?" en lui tendant la main.
> Parler à la personne qui s'occupe de lui pour que tu puisses mieux le connaître, et si vraiment tu es devenu ami avec lui, le dire à son papa ou sa maman: ils seront heureux que tu partages un moment de vie avec lui.

CHRISTIANE CIRASSE, mère d'un enfant autiste et enseignante spécialisée. Ce texte appartient à AIDERA-Yvelynes

Découvrir la suite sur le site d’Aidera Yvelines
Découvrir la vidéo : « Mon petit frère de la lune » de Frédéric Philibert
 

 

- Processus de scolarisation : un parcours semé d’étapes


- Les parents doivent s’adresser à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées)


La MDPH exerce une mission d'accueil, d'information, d'accompagnement et de conseil des personnes handicapées et de leur famille.
Il y a une MDPH dans chaque département ; chacune a pour vocation d’être le "guichet unique" regroupant l'ensemble des structures d'orientation et d'aide aux personnes handicapées.
 

- La première inscription scolaire de l'enfant handicapé


L'enfant handicapé qui n'a pas encore fait l'objet d'une décision de la part de la MDPH doit être non seulement inscrit mais aussi effectivement accueilli, si ses parents le demandent, dans l'école de son secteur, qui devient son établissement de référence. Cette disposition concerne les enfants à partir de 3 ans.
> Les parents doivent inscrire l'enfant dans l'école de son secteur.
- Il appartient au directeur et à l'équipe éducative de veiller à accueillir l'enfant dans les meilleures conditions possibles.
- S'il paraît nécessaire qu'un projet personnalisé de scolarisation (PPS) soit élaboré, il appartient au directeur de l'école ou au chef d'établissement d'en informer les parents pour qu'ils en fassent la demande à la MDPH.
> Les parents adressent alors à la MDPH une demande de PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation)


- les parents peuvent demander conseils et aide à l'enseignant référent du secteur.


Les enseignants référents sont les interlocuteurs privilégiés des parents. Ils ont pour mission de les accueillir, de les informer et de suivre avec eux le parcours de leur enfant. Ils les aident, si nécessaire, à saisir la MDPH dans les meilleurs délais. Les parents trouveront les coordonnées de l'enseignant référent de leur secteur auprès de l'école de leur enfant ou auprès de la MDPH.


- Les parents sont partie prenante du Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) tout au long de son élaboration.


Le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) a été conçu pour être le fil rouge de l'intégration.
Il constitue un carnet de route pour l’ensemble des acteurs contribuant à la scolarisation de l’élève et à son accompagnement et permet d’assurer la cohérence et la continuité du parcours scolaire.
Dans la majorité des cas, il s'agit pour les parents d'obtenir une orientation scolaire accompagnée des aménagements et des aides nécessaires à leur enfant : c'est ce qu'on appelle le PPS (Projet personnalisé de Scolarisation).
Le PPS prévoit les modalités de déroulement de la scolarité, assorties des aménagements nécessaires, coordonnées avec l’ensemble des actions utiles pour répondre aux besoins particuliers de l’élève (actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales).


- Le rôle de la CDA (ou CDAPH - Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées)


La CDA et son équipe pluridisciplinaire deviennent, avec les familles, maîtres d'œuvre du PPS.
Elle prend les décisions relatives à l’orientation scolaire.
> L'orientation peut être un maintien dans une classe ordinaire, une orientation dans une classe spécialisée, une orientation dans un établissement du secteur médico-éducatif.
> Les aménagements peuvent concerner les objectifs et les programmes de la scolarité. Les aides peuvent être diverses, aides matérielles, aides humaines (Auxiliaire de Vie Scolaire), accompagnement par un service spécialisé, etc.
 

- Contestation de la décision de la CDA


Toute décision de la CDAPH peut être contestée selon les modalités suivantes dans un délai de 2 mois après la notification de la décision :
> Un recours amiable auprès de président de la CDAPH par lettre simple à la MDPH accompagnée si possible de justificatifs ou d’explications complémentaires. Avec cette procédure de conciliation, les parents peuvent demander au directeur de la MDPH de désigner une personne qualifiée qui jouera un rôle de conciliateur.
> Un recours contentieux : Si le différent subsiste (par exemple, refus de l’orientation vers un établissement médico-social) les parents ont encore la possibilité d'un recours devant la juridiction du contentieux technique de la sécurité sociale (Art. 66-III).

 

Les parents sont les ultimes décideurs du choix d’orientation et des modalités d’application du PPS
L’autorité parentale prévaut dans le choix des options et des modalités de scolarisation de leur enfant étudié et proposé par la CDA.
Détenteurs de l’Autorité parentale, les parents sont maîtres des décisions d’orientation de leur enfant ainsi que de l’aménagement du temps de scolarisation accordé à leur enfant.
La CDA émanant de la MDPH peut proposer un avis d’orientation en CLIS ou ULIS…
Mais la MDPH n’a pas tout pouvoir : sans l’autorisation ou la validation des parents, une orientation en CLIS, ULIS ou IME n’est pas possible.

 

- Que faire en l'absence ou dans l'attente d'un PPS ?

> Premièrement : accueillir et scolariser l'enfant
L'enfant handicapé qui n'a pas encore fait l'objet d'une décision de la part de la MDPH doit être non seulement inscrit mais aussi effectivement accueilli, si ses parents le demandent, dans l'école de son secteur, qui devient son établissement de référence. Cette disposition concerne les enfants à partir de 3 ans.

> Deuxièmement : inciter la famille à demander le PPS
Si lors de l'inscription scolaire ou en cours de scolarisation et alors que les parents n'ont encore entrepris aucune démarche auprès de la MDPH, l'éventualité d'un handicap est signalée ou est perçue par le directeur de l'école (ou par le chef d'établissement), celui-ci peut, s'il le juge nécessaire, après avoir éventuellement pris conseil auprès de l'enseignant référent et après réunion de l'équipe éducative, demander aux parents de saisir la MDPH en vue de l'élaboration d'un PPS.
 

En savoir +
Liste des MDPH selon votre département

 

 

- Les différentes formes de scolarisation en milieu ordinaire


Les parents choisissent le type d'éducation de leur enfant : scolarisation en milieu ordinaire individuelle ou collective ou éducation spéciale.
 

Les 2 types de scolarisation en milieu ordinaire :

> scolarisation individuelle (maternelle, école élémentaire, collège, lycée) :
- l’enfant avec autisme est scolarisé dans l’établissement le plus proche de son domicile, son établissement de référence.
- il peut être scolarisé à temps partiel ou à plein temps.
- il peut bénéficier d’une AVSi ou du soutien d’un SESSAD (Service d’Education Spéciale et de Soins à Domicile s’occupant des enfants de 0 à 20 ans)
- La demande d’une AVSi doit être faite auprès de la MDPH dans le cadre du PPS. C’est la CDA qui fixe le nombre d’heures de présence de l’AVSi auprès de l’enfant pendant le temps scolaire. Mais sa décision peut être contestée.

> scolarisation collective :
Il s’agit de classes spécifiques accueillant une dizaine d’enfants en situation de handicap à l’intérieur même des écoles, collèges ou lycées.  

- école maternelle et élémentaire : les CLIS 1 (classes d’inclusion scolaire) accueillent jusqu’à une demi-douzaine d’élèves de 6 à 12 ans. La catégorie CLIS 1 désigne les élèves présentant des troubles des fonctions cognitives et mentales (dont TED et troubles spécifiques du langage et de la parole).
La CDA propose l’orientation de l’enfant en CLIS.

- collège et lycée : les ULIS (Unité Localisée pour l’inclusion Scolaire) = ex-UPI (Unité Pédagogique d’intégration) abrogée par la circulaire du 18 juin 2010. Une catégorie d’ULIS (parmi 6) est spéciquement dédiée aux « TED dont l’autisme ».
Les ULIS accueillent en principe au maximum 10 élèves.
 


- Les bienfaits de la scolarisation d’un enfant autiste : un enjeu civique, un enjeu de solidarité, un enjeu citoyen.


Généralement, ce que l’on ne connaît pas suscite la peur, l’appréhension, voire le rejet… L’autisme est un handicap toujours peu connu et sujet encore à beaucoup de préjugés et d’ignorance. Rien d’étonnant à cela puisque les enfants autistes ont longtemps été orientés, dès la petite enfance, vers des structures fermées.

Sous l’impulsion de la loi Handicap du 11 février 2005, la priorité donnée à la scolarisation en milieu ordinaire constitue en soi un bouleversement des mentalités. Elle ouvre en principe les portes de l’école à des enfants « hors du commun »… et elle ouvre également les esprits !

Si la scolarisation est bien structurée autour d’un accompagnement spécialisé de qualité et d’un suivi attentif pour être parfaitement comprise par les enfants, le corps enseignant, elle est vécue non seulement comme une victoire pour l’enfant…mais aussi comme un enrichissement pour tout le monde !

Côtoyer au quotidien un enfant « différent » permet aux autres enfants de :
- mieux comprendre le handicap en général, l’autisme en particulier ;
- vivre une expérience très positive de la différence, mettant en pratique des valeurs essentielles, telles que l’entraide, la solidarité…
Ainsi, la scolarisation des enfants autistes forme des futurs citoyens, responsables et ouverts.

 

- Témoignage de Laurent Savard, auteur, comédien… et papa

« Nous habitions alors Montmartre, le pays « où tout va bien », le pays d’Amélie Poulain. Gabin était scolarisé dans l’école maternelle du secteur, secteur privilégié, école réputée. D’emblée j’ai compris que la scolarisation de Gabin serait difficile. Dès la réunion d’information où parents et enseignante semblaient monopolisés par cette question apparemment centrale qu’est l’invasion des poux et de son fameux corollaire  « mais comment s’en débarrasser ? », je prenais conscience que Gabin poserait problème à cette mécanique bien huilée qu’est notre système éducatif. Aucun diagnostic n’était encore posé et à notre question quant au possible autisme de Gabin le médecin scolaire avait eu cette réponse fulgurante « Non s’il était autiste ça se verrait ». Il est vrai qu’elle n’avait pu voir Gabin que deux minutes à peine. La psy scolaire avait elle plus longuement observé Gabin lors de la récré. Il était au centre d’un cerceau, « comme pour mieux chercher l’utérus de sa maman ». Bien heureusement nous avions entamé depuis longtemps déjà nos recherches, ainsi qu’une prise en charge à la maison. Dès la petite section Gabin avait ainsi un petit classeur PECS pour communiquer, mais la maîtresse n’était pas formée pour  …  L’AVS n’est arrivée que pour sa moyenne section, où lors d’une énième réunion pédagogique la directrice m’a glissé sur le ton de la confidence « vous savez, quand j’ai commencé ce métier, ce n’était certainement pas pour m’occuper d’enfants handicapés ». Cette phrase ô combien révélatrice fut pour moi à l’origine de ma profonde motivation pour écrire mon spectacle. On ne peut imaginer à quel point c’est un parcours de combattant pour toute maman ou papa d’enfant différent … et pas qu’à l’école. »

« A l’école où j’étais plutôt du genre premier de la classe. A Gabin on ne laisse même pas le privilège d’être le dernier. »  

 

 

Biographie de l’humoriste

Laurent Savard débuta dans le one-man-show au milieu des années 90, collant ses premières affiches avec un certain Stéphane Guillon. Sa première pièce « Y a t’il un facho dans le frigo ? » (co-écrite avec Said Serrari et Jean-Rachid, actuel producteur de Grand Corps Malade) fut produite au Splendid au début des années 2000. C’est dans cette même salle qu’en 2010 s’est joué à plusieurs reprises le spectacle « Le Bal des Pompiers » (Gabin est né le jour du Bal des Pompiers) qui dépeint avec humour le quotidien de Gabin, enfant autiste et hyperactif, enfant plein de vie. Spectacle en tournée avant d’être à priori repris au Dejazet en mars 2012.

Pour accéder aux extraits du spectacle, cliquez ici et ici.

 

- Scolarisation : comment ça se passe ailleurs ?
 

Dans plusieurs pays européens, le  droit à l’éducation et à la scolarisation des enfants autistes s’est ancré dans la réalité.

En Grande Bretagne : différents modes de scolarisation à la carte
•    le système scolaire permet un aménagement des cursus et la mise en place d’aides spécifiques
•    les méthodes éducatives créées à l’attention des personnes autistes sont largement développées, comme le sont les recherches comportementalistes
•    les parents peuvent choisir entre différents modes de scolarisation : écoles spécialisées, classes spécialisées, classes ordinaires avec soutien spécifique
•    la plus importante association de parents, la National Autistic Society, joue un rôle majeur pour informer les parents, former des professionnels et gérer des écoles spécialisées

En Italie : scolarisation systématique en milieu ordinaire des enfants et adolescents autistes
•    1971 : la loi reconnaît que l’instruction obligatoire se déroule, pour tous les enfants et adolescents, dans les classes ordinaires de l’école publique.
•    1977 : la Loi prévoit dans les classes intégrant des enfants handicapés la présence d’enseignants de soutien
•    1978 : la Loi 180 marque la fin de l’hôpital psychiatrique en tant qu’institution retirant de la société les personnes ayant des problèmes de santé mentale. Des soins ambulatoires sont dès lors mis en place.
•    Depuis 1992, tous les enfants autistes et présentant des troubles envahissants du développement sont intégrés dans les classes régulières des écoles régulières, et ce, jusqu'à 16 ou 18 ans.
•    la classe qui accueille un enfant autiste voit son effectif divisé par 2 ; l'enseignant est automatiquement assisté d'un enseignant de soutien.
•    En principe, un enseignant de soutien peut s'occuper de 4 enfants autistes, mais des dérogations sont permises lorsque la profondeur du trouble est plus grande.
•    La création de ces postes de soutien a représenté l’effort financier le plus important mis en œuvre par l’Etat italien afin de garantir l’intégration des élèves handicapés.
•    Un effort reste à faire pour assurer la formation spécialisée portant spécifiquement sur l’autisme de ces enseignants de soutien.
•    Les écoles n'ont pas le droit de refuser les enfants autistes dans leurs bâtiments ; elles doivent se doter des ressources humaines et technologiques favorisant leur insertion et leurs apprentissages.
•    Le but de l'insertion de ces élèves à l'intérieur des classes régulières est cependant moins de les scolariser que de les mettre dans un contexte qui leur permet de socialiser et d'interagir avec les gens les entourant.

En Suède : tous les enfants doivent être scolarisés à partir de 6ans. L’absence d’insertion sociale est considérée comme une « maltraitance », et une atteinte aux droits civiques.
•    1995 : Interdiction et suppression des institutions destinées aux personnes atteintes d’un handicap mental, intellectuel, ou affectant les capacités de communication ou le comportement.
•    Les internats destinés aux enfants atteints de ces handicaps ont été remplacés par des classes adaptées au sein des écoles ordinaires.
•    Lorsque les (ou le) parent(s) ne peuvent pas s'occuper de leur enfant chez eux, celui-ci est accueilli dans une maison de 4 enfants au sein de la cité, constamment ouverte, y compris les week-ends.
•    Les enfants peuvent aller en maternelle en milieu ordinaire ou bien dans les écoles spéciales : cela reste le choix des parents.
•    En milieu ordinaire, on demande à la commune un budget pour embaucher une aide pour l'enfant et cette aide dépend des besoins de l'enfant. Ces aides peuvent être + ou - efficaces en fonction de l'engagement des parents ou (et) du personnel (surtout le chef) de l'établissement.
•    Il y a de + en + d'enfants avec autisme ou autre handicap dans les milieux scolaires ordinaires mais il n' y a pas de statistiques car la loi protège les enfants et on ne peux montrer du doigt l' un d'eux et il faut l' accord des parents.
En Belgique : prédominance de l’éducatif sur le soin
•    le Ministère de l’Education nationale est le maître d’œuvre de la prise en charge des enfants atteints de syndromes autistiques pour laquelle il a un rôle pivot ;
•    il a su valoriser la participation des enseignants à la rééducation des enfants.
•    La Belgique est devenue la terre d’accueil de milliers de personnes handicapées françaises, souffrant notamment de troubles autistiques, qui ne trouvent pas de réponse adaptée à leurs besoins en France.
•    Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), environ 3 600 enfants et adultes handicapés français étaient accueillis dans des établissements médico-sociaux (EMS) de Belgique en 2005. 1 400 enfants y étaient scolarisés dans des établissements spécialisés.
•    En 2009, on estime à plus de 2 000 le nombre d’enfants ainsi "exilés", dont la moitié serait issue de la région Nord-Pas-de-Calais.
•    Une des principales raison invoquée : une prise en charge pragmatique et précoce axée sur les méthodes éducatives comportementales, cognitives ou développementales.

Au Québec : prédominance des traitements éducatifs et scolarisation souple, en fonction des besoins de l’enfant
•    La scolarisation en milieu ordinaire est la règle ou en tout cas l’objectif prioritaire vers lequel toutes les prises en charge tendent. S’ils ne sont pas considérés comme suffisamment autonomes ou « prêts », les enfants autistes peuvent, le cas échéant, bénéficier de traitements éducatifs intensifs dans des classes spéciales qui restent des lieus transitoires.
•    Quelque soit le degré de sévérité d’autisme, l’enfant bénéficie en moyenne de 18 heures d’accompagnement éducatif par semaine que ce soit à domicile ou à l’école.
•    les traitements éducatifs ou comportementaux (ABA, TEACCH…) peuvent être prescrit par le médecin et être remboursé par les compléments de Santé.
 

Les conséquences :
- Les personnes handicapées ont acquis plus d'autonomie et la discrimination a régressé.
- En matière de coût économique, des études réalisées en Suède et en Grande-Bretagne ont indiqué que ces modalités de prise en charge permettant une insertion sociale étaient moins couteuses que l’institutionnalisation.



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